mercredi 22 décembre 2021

Spin-off Myrihandes : le Long Voyage de Farf

 


Voilà qui illustre bien une partie de mon roman en cours d'écriture sur Le Long Voyage de Farf, premier spin-off de Myrihandes
 
Un roman que j'écris, porté par l'enthousiasme de nombreux lecteurs à l'égard de cet étrange et joyeux personnage, qui a fait le bonheur de certains avec ses injures abracadabrantes - Saperfouille ! et autres Foutacrasse ! - mais aussi par sa personnalité attachante.
 
On y retrouve les Anachrones (les "Yeenks" dans ce roman) en train de festoyer. Le livre va s'attarder un moment sur leurs clans, leur monde, sur le rapport entre Farf et son Veilleur (c'est ainsi que les Fils et Filles des Eaux appellent le Yeenk qui les recueille) et sur quelques pans de leur existence si particulière, comme celui de rajeunir tout en vieillissant, celui du pouvoir régénérant de l'eau sur leur corps ou encore la place primordiale des Etoiles et des constellations dans leur vie.
 
Vous qui avez lu la saga, qu'aimeriez-vous découvrir ou retrouver dans ce roman ? Il est encore temps de me lancer sur des pistes !
 
Illustration au crayon de Fred Spirin.
 

 

 

mercredi 15 décembre 2021

Une nouvelle vie pour Myrihandes ?

 


Cette énorme bestiole, montée par une archère pas comme les autres, est l'occasion pour moi de faire le lien entre la progression de mon roman sur Le Long Voyage de Farf... et d'autres avancées aussi inattendues qu'encourageantes concernant la saga Myrihandes.
 
Ce Monx, ici illustré par le grand Michel Borderie et mis en ambiance couleur par mes soins, bondissant de ses puissantes pattes vers son destin, est une belle allégorie du chemin qui s'ouvre devant moi, et je l'espère, devant les artistes qui m'ont accompagné dans cette équipée littéraire, graphique et musicale.
 
Je ne peux vous en dire plus pour l'instant, c'est bien trop tôt. Mais il semble bien qu'il faille lâcher prise pour que les choses qu'on s'acharnait en vain à atteindre... arrivent d'elles-mêmes.
 
Peut-être est-il là, l'enseignement de la vie.

 

vendredi 29 octobre 2021

Mon billet d'humeur sur ActuaLitté

 


Auteurs et éditeurs de l’imaginaire — francophones — vivent dans une dimension parallèle au commun des mortels. Une dimension qu’ils sont les seuls à connaître. Ma tribune sur le site Actualitté

Dans cette dimension, dorée et grandiose, on s’émerveille, on se raconte des histoires extraordinaires... On chuchote qu’on a discuté avec un tel, une telle, qui va nous ouvrir les portes du succès. On vaque de salon en salon du livre, on serre des pinces d’or ou d’argent, on s’incline devant de grands noms — d’éditeurs, d’organisateurs, d’auteurs. On partage des repas mémorables où se réglent des contrats, entre l’alcool de poire et le fromage.

On signe des dédicaces alambiquées à des lecteurs fantasques. On donne des conférences qui nous font sentir importants. On s’adonne à des interventions scolaires où l’on vient expliquer nos livres, notre métier, l’art d’écrire une histoire, de donner vie à des personnages...

Et parfois, lors de ces dîners d’entre-soi, lors de ces séances enthousiastes de dédicaces, lors de ces congratulations, ces remises de prix qui font palpiter nos petits cœurs assoiffés de reconnaissance et d’amour... on se sent important. Investi d’une mission quasi divine. Notre nom devient un nom d’artiste. Un nom qui court sur les lèvres de celles et ceux qui nous lisent la fièvre au front, qui nous écoutent palabrer sur nos mondes fantasmés, qui étudient nos chiffres de vente, l’œil plus affûté qu’un silex. 

Oui, on est parfois les rois du pétrole de notre petit monde.

Mais sortis de là ? Sortis de notre chère et douce dimension parallèle ? C’est bien simple : nous ne sommes personne.

À l’exception d’un ou deux élus du système, nul ne nous connaît. Tandis que le monde du cinéma, de la musique, de la littérature blanche affichent de grands noms, invités réguliers des chaînes TV, des radios nationales, de la presse mainstream... nous, eh bien, on nous ignore. 

Qui, hormis les adeptes du genre, sait que ce sont les Utopiales, les Halliénales, les Imaginales ? Qui a attendu parler de l’Atalante, Mnémos, Bragelonne, Léha ou Scrinéo ? Qui peut citer un seul auteur de l’imaginaire francophone contemporain, excepté Bernard Werber ? Bien peu de monde, en vérité.

Nous qui sommes à l’origine des plus grandes histoires que les autres médias se hâtent de transposer en son et en images pour le plus grand plaisir des spectateurs, nous sommes encore et toujours les grands oubliés des médias, et à travers eux, de toute la société française. Parce que bien sûr, écrire du fantastique, de la SF, de la fantasy... ce sont des enfantillages. 

Si un tout autre état d’esprit régnait dans l’Hexagone, il y a sûrement longtemps qu’on aurait découvert notre Tolkien, notre Robin Hobb ou notre George R. R. Martin made in France.

Drapons-nous, amis auteurs, éditeurs et directeurs de salon, de ce mépris ordinaire auquel on nous a tant habitués. Il est notre médaille à double face. Notre Janus devant l’éternité éphémère de nos fières victoires intestines.

Je suis heureux d’être des vôtres.

mercredi 20 octobre 2021

Retour sur le festival des Imaginales !

 


En ce mois d'octobre, j'ai eu la chance et l'honneur d'être invité pour la première fois aux Imaginales, festival auquel je rêvais de participer depuis plus de dix ans... En l'occurrence, depuis la sortie de mon premier roman chez Au Diable Vauvert, en 2010. Ce n'est pas peu dire !
 
L'originalité, ici, était d'être invité en tant qu'auteur indépendant et de participer à une conférence sur le domaine, aux côtés de deux autrices de l'imaginaire qui, elles aussi, font l'expérience de cet étrange travail, à plein temps ou juste pour se frotter à la folle liberté de l'aventure !
 
 
Alors... ce n'est qu'un au revoir, Épinal, maintenant que je connais ton monde, ta générosité, tes belles gens... malgré le froid glacial des nuits tardives sur le seuil du Bougnat !
 
Les Imaginales, bien plus qu'un festival, c'est un état d'esprit, du rêve, des rencontres, de l'amitié, beaucoup de rires échangés aussi.
 
Merci mille fois à Stéphanie Nicot, aux organisateurs, aux libraires de nous avoir invités et si bien accueillis. C'était bon, après tous ces mois de disette festivalière, de retrouver la chaleur des lecteurs, des auteurs, de notre petit monde si fantastique.
 
C'est le cœur nourri de toute cette joie que je vous laisse, en espérant vous retrouver pour une nouvelle saison💜 






 

mercredi 6 octobre 2021

Rencontre dédicaces avec les enfants de l'Institut Saint-Pierre

 


La boucle de l'aventure Ulule de Krog Macherok, mon roman "éco-féerique", s'est achevée le 6 octobre dernier avec cette journée de rencontre avec les enfants de l'Institut Saint-Pierre. Un grand merci aux organisateurs de la Fondation, notamment Matthieu Vezolles et Marine Chollet, pour leur accueil chaleureux et surtout pour avoir réussi à mettre en place cette journée après tous ces mois de crise sanitaire.
 
Un grand merci aussi aux contributeurs Ulule qui ont offert un exemplaire à un enfant de l'Institut. Ils ont été une trentaine. Nous avons ajouté trente exemplaires de plus pour que d'autres enfants hospitalisés puissent profiter du livre dans l'avenir.
 
Ces échanges ont été joyeux et très enrichissants ! 🙂 




mardi 20 juillet 2021

Le Grand Arbre

 

Je suis allé parler au Grand Arbre.
 
Assis sur l’entrelac de ses puissantes racines semées de jeunes pousses, je me suis confié. Longuement. Profondément. 
 
Le Grand Arbre a écouté. Avec cette patience, cette indulgence qui le rend si immense à mes yeux.
Il a entendu la musique de ma vie. La mélodie a soufflé sur ses branches, sur ses feuillages délicats, comme une douce brise de printemps.
 
Je lui ai parlé de mon enfance. De mes escapades enjouées dans la garrigue, de mes jambes agiles accrochées aux pins. De ces histoires que je m'inventais le long des sentiers et dans les sous-bois frémissant de mille et une vies.
 
Je lui ai parlé de mon émerveillement, le cœur ébloui par la voûte étincelante des étoiles. Allongé sous les frondaisons, les yeux ouverts comme des soucoupes, j'admirais ce ciel infini, ces chemins inexplorés vers les grands mystères de l'univers. Et mon imagination débordait. Ses vagues se succédaient, s'entremêlaient, me laissant apaisé et rêveur.
 
Je lui ai parlé de toutes ces passions qui m'ont traversé. Du miel de mes chimères qui m'ont rendu la vie si douce et excitante. De ce plaisir, vif comme l'argent, qui m'envahissait à créer des œuvres de mes mains. A me prendre pour un petit dieu donnant la vie à des chansons, des spectacles, des histoires. A transmettre cette foi qui m'habitait à d'autres que moi. A les entraîner dans la richesse de mes folies. A faire d'eux des amis, des soeurs, des frères.
 
Je lui ai encore parlé, la voix plus enrouée. Je lui ai dit ma joie et ma peine d'avoir effleuré l'âme de ces femmes, d'avoir partagé tant d'amour, de fêtes et de défaites, de plaisirs et de pièges... sans avoir réussi à me fondre pour toujours et à jamais dans les bras de l'une ou de l'autre. Je lui ai avoué la tendresse que je continuais à leur porter à toutes, comme un secret coupable. J'ai failli lui demander comment on pouvait représenter tant pour l'autre, puis plus rien. Ou si peu. Et puis j'ai pensé à ses si belles feuilles qui tombent à l'automne pour laisser place à de nouvelles au printemps. Un cycle d'amour et de mort. On doit tous s'y habituer. Même si parfois, c'est dur.
 
 

J'ai parlé au Grand Arbre du seul vrai bonheur qui chasse le voile de mes cauchemars. De ce fils que j'irrigue de mon savoir et de mes forces. Du firmament que je lis parfois dans ses yeux. De cet océan d'amour qui m'étreint quand je lui caresse la joue pour l'endormir. Quand ses bras se referment sur moi pour un câlin. Quel plus grand bonheur que celui-là ?
 
Le Grand Arbre a failli par m'interrompre. Ou plutôt, le bruit sourd de la terre sous les replis de ses racines. Et là-haut, au-dessus de ma tête, le gémissement déchirant de ses branches secouées par le malheur.
 
La terre tremblait. Les feuilles encore vivaces s'échouaient comme de la grêle sur le sol. Son écorce vénérable craquait, faisant fuir à tire d'aile les oiseaux nichés dans les nœuds du tronc.
 
Absorbé que j'étais par mes confidences, je ne LES ai pas vu arriver. Avec leurs pelleteuses, leurs tronçonneuses et leurs scies à bois. Je croyais mon vieil ami cinq fois centenaire à l'abri. Hors d'atteinte de leurs mâchoires à déforester. Je me trompais.
 
Alors le Grand Arbre a parlé. Et ses mots, gorgés de leur sève sacrée, ont résonné au plus profond de ma tête.
 
" Cette vie, ces joies, ces épreuves feront toujours partie de toi. Comme nous faisons tous partie les uns des autres. J'étais là pour les ressentir. Comme j'ai ressenti celles de tes parents, de leurs parents, et de ceux qui les ont précédés. Je suis resté le gardien de leur mémoire et de la tienne, j'en ai porté l'empreinte sur mon écorce.... Jusqu'à aujourd'hui. Mon tronc va s'affaisser. Mes racines vont se déchirer. Ma sève va se répandre et s'assécher. Alors ce sera à ton tour d'être le gardien de ma mémoire. A ton tour de dire aux tiens qui nous sommes, moi et les miens. Que nos bois, nos branches et nos feuilles vous ont toujours tenus à l'ombre du mal. Que sans nous, vous n'auriez jamais pu raconter votre histoire. "
 
J'étais seul, impuissant, déboussolé quand les machines se sont approchées. Quand le vacarme de la scie a commencé à creuser l'écorce. Quand le tronc majestueux, riche de mille souvenirs, s'est effondré lentement. J'ai entendu la plainte de l'Arbre au fond de mon âme. Puis ce silence sans vie. Des feuilles tourbillonnaient encore sous mes yeux noyés de larmes.
 
J'ai compris enfin. J'ai compris que je devais être bien plus que le gardien de sa mémoire. Je devais devenir le gardien de sa forêt. De toute cette flore et cette faune qui l'habillent et la nourrissent. Parce que sans les arbres, sans leur héritage, sans leur sagesse... c'est nous qui ne serons plus rien.

mardi 22 juin 2021

Invité aux Imaginales 2021

 


Après dix ans de bons et loyaux services dans le monde du livre et de l'autoédition, j'aurai l'honneur d'être invité pour la toute première fois à la grand messe du salon des Imaginales, qui se tiendra cette année du 14 au 17 octobre.

Je remercie chaleureusement Stéphanie Nicot, la directrice du salon, de m'inviter cette année, d'autant que c'est une véritable consécration pour mon travail depuis quelques années, puisque je viens participer à une table ronde sur l'autoédition. Comme vous le savez, la saga Myrihandes a été entièrement financée grâce au crowdfunding, puis éditée (livres, albums, artbook) par Harmonia Editions, entité dont je suis le fondateur et qui regroupe une dizaines d'artistes.

Krog Macherok, mon dernier cru 2021, est né aussi grâce au crowdfunding et à Harmonia. Ce sera donc pour moi l'occasion de venir parler de ma façon d'appréhender ce travail très particulier et les raisons qui m'ont poussé à m'engager régulièrement sur cette voie.

Bien sûr, ce sera aussi l'occasion de réaliser des séances de dédicaces sur l'ensemble de mes ouvrages. Et au pays des Imaginales, je m'attends à toutes les surprises et aux rencontres les plus enrichissantes !



 

mardi 8 juin 2021

" Être" - Des mots sur les maux de soi et du monde

 
J'aurais aimé être plus fort pour le monde
Faire que la Terre tourne plus ronde
Faire que l'enfer et les ténèbres fondent
Que les blessures du ciel soient moins profondes
 
J'aurais aimé être plus fort pour les Hommes
Plus fort que ces diables qui les assomment
D'argent, de luxe, d'envies, de haine
Qui font pousser au coeur la pire gangrène
 
J'aurais aimé être plus fort pour mes amis
Rendre toujours plus solide l'union qui nous lie
Redonner courage, ranimer l'envie
Rester cette épaule qui vous soutient à vie
 
J'aurais aimé être plus fort pour ma famille
Me faire racine plutôt que brindille
Celle qui vous tient quand tout le reste s'écroule
Une main tendue au milieu de la houle
 
J'aurais aimé être plus fort pour mes amours
Ne pas avoir tant couru après de faux atours
Avoir su reconnaître au fond d'un regard
L'éclat divin de mes dernières amarres
 
J'aurais aimé être plus fort pour mon fils
Lui épargner mes failles et mes précipices
Etre ce grand roc sur lequel il s'appuie
Cette source vive qui jamais ne tarit
 
J'aurais aimé être plus fort pour moi-même
Chasser de mon miroir cette figure blême
Avoir foi en ce sang qui coule dans mes veines
En ce corps que les tourments ont mis à la peine
 
J'aurais aimé être un peu plus quelqu'un d'autre
Un peu plus normal, un peu plus des vôtres
Un homme qui s'aime, qui sème et récolte
Les fruits de la vie plutôt que de la révolte.
 
 
"Être", juin 2020

mardi 4 mai 2021

Mon interview croisé sur France Bleu "Les Super Hérault'

Voilà un montage vidéo sur l'interview que j'ai donné à France Bleu Hérault lors de la sortie de mes romans Myrihandes T3 et L'art de se prendre les murs (Ed. Pygmalion) aux côtés de mes invités Thibault Loucheux, Mickaël Viguier et Cyril Barreaux (en duplex des Ardennes !). Le tout sur la musique de mon ami et associé Christophe Houssin, compositeur de la saga.

Une bonne ambiance, un chouette animateur, écoutez, ça vaut le détour !


 

vendredi 23 avril 2021

#JeMéteins : l’extinction animale vue à travers 13 célèbres personnages

Cette série de portraits, baptisée #Jeméteins, m'a été inspirée par le décalage qui existe entre ces personnages animaliers que nous aimons tant dans les films d'animation, et la réalité de plus en plus dramatique de la condition animale. 

J'ai passé toute une partie de ma jeunesse dans les collines de la garrigue, autour de l'abbaye que restaure mon père, dans les montagnes des Hautes Pyrénées avec mes grands-parents, et la nature a sans cesse nourri mon imaginaire. Je crois qu'il existe en moi une forme d'empathie avec elle, qui m'a rendu extrêmement sensible à la dégradation qu'on pouvait lui faire subir. Comme si en blessant la faune et la flore, on s'en prenait à moi ou à ma famille.

L'expérience dans la communication graphique m'a appris le pouvoir de l'image associée aux phrases choc. C'est ce que j'ai fait une première fois avec la série #NosPrécieux, en conjuguant des portraits d'activistes de l'écologie à des citations de Tolkien extraites du Seigneur des Anneaux. Par exemple, une phrase comme "Même la plus petite personne peut changer le cours des choses" collait parfaitement à Greta Thunberg. C'est ce que j'ai fait pour une quinzaine de personnalités, reprises sur le site PositivR.

Je suis parti du même principe pour la série #Jeméteins : les animaux sont partout dans nos films d’animation. Nous aimons ces personnages, ils font partie de nos vies, et pourtant, notre modèle de société les exploite, les empoisonne, détruit leur habitat, leur nourriture, certains n'hésitent pas les massacrer pour leur chair, leur fourrure, leurs organes... Il y a là une totale contradiction, voire une hypocrisie plus ou moins inconsciente qui méritait d'être soulevée.

Le premier personnage qui m'est venu à l'esprit est celui du tigre Sheer Khan dans le Livre de la Jungle. Ce fauve symbole d'une peur ancestrale, qui aujourd'hui se retrouve la proie de l'Homme. Le renversement de situation est assez saisissant.

J'ai littéralement été dépassé par le succès de ces portraits sur les réseaux sociaux. Notamment à partir du moment où Hugo Clément les a remarqués et s'est tout de suite proposé pour les partager. Résultat : plus de 120.000 fois sur Instagram, partagée plusieurs dizaines de milliers de fois sur l’ensemble des réseaux, un article dans PositivR, le mag de la SPA de Strasbourg et le site de 30 millions d’amis.

Je pense que les gens se sont sentis plus intimement concernés en découvrant ces personnages qu'ils ont appris à aimer, parfois dès l'enfance, et que la puissance émotionnelle du visuel est parfois plus fédératrice que les meilleures vulgarisations scientifiques. Si cette initiative conduit certains à s'intéresser plus concrètement au sujet, à militer pour la cause animale, à s'investir dans des associations ou des ONG, alors mon pari sera gagné.


Crédits : Disney, 20th Century Fox, HBO

 

mardi 16 mars 2021

Il y a des jours, j'ai envie de quitter ce monde.

 


Il y a des jours, j'ai envie de quitter ce monde. Pas de mourir, soyons clairs. Mais de changer d'époque, de planète, de dimension... voire de moi-même aussi.

 

Il était bon, il était beau, le monde d'avant. Il sentait bon le sable chaud. La boustifaille en veux-tu en voilà, le tourisme à l'autre bout du monde, le carburant pas cher, les jouets géants en plastique, le Nutella à toutes les tables des mioches parce que "c'est trop bon", le béton qui avance sur la forêt, les mégots plantés dans le sable, le médecin à domicile, les profs respectés, la tiédeur au printemps et la neige en hiver, les lucioles dans l'herbe et les oiseaux dans les nues... Et tant d'autres choses encore.
 
Il sentait bon, et pourtant, il pourrissait déjà. Depuis longtemps.
 
Je suis né dans cette abondance, du bon côté du globe. J'en ai profité comme un dû, sans jamais réfléchir aux comment, aux conséquences, au devenir de ce système si confortable, si bien huilé. Pourquoi réfléchir quand on peut se permettre de ne voir la vie qu'à travers le prisme de son ego ? De ses ambitions et de ses rêves, aussi fous et dérisoires soient-ils ?
 
Non, il ne faut surtout pas revenir au monde d'avant. Même si on en prend clairement le chemin. Les pays continuent d'investir à mort sur les énergies fossiles, sur la conquête spatiale, sur l'armement, sur la pétrochimie, l'agro-industrie, pendant qu'on agite quelques hommes de paille auprès des activistes écolos pour leur laisser croire qu'ils sont écoutés.
 
La marée monte, pleine d'immondices, et tout le monde semble s'en contrefoutre. Enfin non, pas tout le monde. Disons, ceux qui pourraient y faire quelque chose mais n'ont surtout pas intérêt à le faire. Les GAFAS se gavent comme jamais en jetant tout juste quelques miettes de leur table en guise de taxe aux États, on se dispute les nouvelles voies navigables en Arctique plutôt que de trouver des moyens de contenir la fonte de la banquise, on massacre les colonies d'abeilles d'un côté à coup de néonicotinoïde, on les épuise de l'autre en les poussant à polliniser des millions d'amandiers aux États Unis, on réduit à peau de chagrin des derniers espaces sauvages, au risque de déclencher de nouvelles pandémies, on entasse, on mutile, on massacre des milliards de cochons, de poules, dans de gigantesques bâtiments où ils ne verront jamais la lumière du jour pour notre sacrosainte consommation carnée, on ratisse les fonds marins jusqu'au dernier poisson à grand renfort d'immenses filets de chalut, on fait de la mer une poubelle de nos déchets abandonnés aux quatre coins du monde...
 
Au nom d'un seul et unique maître-mot, le cheval de bataille depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale : la croissance.
 
Il faut croître, encore et toujours plus, devenir plus rentable, plus productif, plus compétitif. Sauf qu'il n'existe pas de croissance infinie dans un monde fini. Le jour où il n'y aura plus de sable, à force de l'exporter pour en faire du béton, on fera bronzette sur la caillasse et nos gamins, eux, des pâtés d'éponges mortes. Le jour où le grand requin aura disparu, éradiqué parla pollution et la chasse, Spielberg aura l'air bien con avec son "Jaws". Et le jour où il n'y aura plus que nous, fière et indomptable espèce dominante, quelle satisfaction aurons-nous, sinon de réaliser que l'argent ne se mange pas et que l'histoire de "Soleil Vert" était très avant-gardiste ?
 
Mais je m'égare. Nous n'en arriverons jamais là. Nous serions tous morts bien avant. Mais une chose est sûre : il faut en finir avec ce système de corruption et de prédation. Il existe suffisamment de femmes et d'hommes innovants, créatifs, humanistes en ce monde pour concevoir d'autres modèles de société, fondés sur de nouveaux modèles de croissance : celle du savoir, de l'empathie, du bien-être, de l'amour.
Vous riez ? Vous n'y croyez pas ? Mais si vous-même êtes incapable de donner du crédit à ces idées, qui le fera ? Si nous ne sommes pas unis, solidaires, toute une masse citoyenne à partager un idéal commun, un élan inédit de renaissance, de résurrection de l'humanité, quel monde laisserons-nous à nos enfants et à nos vieux jours ?
 
Nous sommes sur le point de bascule. Asservis au confort moderne ou forts de la volonté de s'affranchir de ses compromissions suicidaires.
 
Le choix est loin d'être simple. Mais tôt ou tard, il s'imposera.
 
D'où ma réflexion première : j'aimerais bien quitter ce monde... avant qu'il nous pète à la gueule.
Et construire d'ores et déjà le monde de demain.

Les Effets Boomerang : mon interview par Morgan Priest

Mon interview autour des Effets Boomerang , livre témoignage sur les ravages du vaccin Covid sur ma santé, qui empire ces derniers temps... ...